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Témoignage du curé Kosir
En janvier 1997, la revue Stella Maris publiait une interview du père salésien Anton Kosir, curé d'Ig, paroisse dont Kurescek dépend. Il venait d'être nommé directeur du lieu de pèlerinage de Kurescek. Voici son récit. En août 1989, je devins curé d'Ig. Par le fait même, le sanctuaire en ruines de Kurescek dépendait de ma juridiction. Dans les archives de la paroisse, je découvris une chemise volumineuse contenant des documents qui prouvaient quel mal mes prédécesseurs s'étaient donné pour sauver l'église d'un délabrement total, au cours de la dure période d'après-guerre. Mais tous leurs efforts étaient restés vains. J'étais moi-même convaincu que cette église était définitivement condamnée. Parmi les paroissiens, rares étaient ceux qui gardaient encore l'espoir que viendrait le temps de sa reconstruction. En février 1990, je fus surpris par la visite d'un groupe du "Renouveau dans le Saint-Esprit". Deux prêtres en faisaient partie. Ils me demandèrent l'autorisation de célébrer, de temps en temps, la sainte Messe près du sanctuaire et de se réunir pour la prière. Je donnai mon assentiment avec joie, parce qu'ils me dirent que l'archevêque Mgr Aloïs Sustar avait été mis au courant de leur projet. Lors d'une autre visite d'un groupe du "Renouveau dans le Saint-Esprit", j'entendis parler pour la première fois des événements surnaturels en relation avec le Kurescek. Sur le moment, je n'ai guère accordé d'attention à ce récit. Le samedi 20 avril de la même année, un groupe assez conséquent de femmes et d'hommes s'est présenté chez moi. Ils se déclaraient prêts à déblayer les décombres de la chapelle attenante à l'église, à installer un toit provisoire et à ériger un autel sommaire. Je fus très heureux de cette initiative. Les travaux avancèrent rapidement et furent bientôt achevés. Au cours des semaines suivantes arrivèrent toujours plus de personnes qui priaient. Le désir de la reconstruction du sanctuaire grandit dans le coeur des gens. D'eux-mêmes, ils se mirent à collecter de l'argent. Je n'acceptais pas volontiers les dons en argent car, à l'époque, je ne croyais pas encore pouvoir les utiliser dans ce but. Lors d'une réunion du conseil paroissial, on fit la proposition de nettoyer l'église et ses environs avec l'aide de travailleurs bénévoles. L'annonce de ce projet fut publiée. Le samedi 26 mai 1990, de nombreux paroissiens, ainsi que quelques femmes et hommes de Ljubljana et des alentours, avaient répondu à l'appel. Dans une joyeuse ambiance, l'église et ses environs furent vite nettoyés. La promesse de 1940 A cette époque, je rassemblais les données historiques de l'église de la Reine de la Paix. C'est ainsi que, dans les archives du diocèse de Ljubljana, je découvris une documentation relative au grand pèlerinage qu'avait organisé l'évêque d'alors, Mgr Rozmann. Un dimanche de 1940 des milliers de pèlerins se réunirent dans le but de prier pour la paix. A cette occasion, ils firent la promesse de venir chaque année en pèlerinage sur le Kurescek. Ils ne purent cependant tenir leur promesse qu'une seule fois, car la guerre s'étendit à notre région. Cinquante ans se sont écoulés. L'église fut détruite et la promesse oubliée. Après ce qui venait de se passer je me résolus à concrétiser à nouveau cette promesse. Le 22 août, l'Eglise célèbre la fête de Marie, Reine de la Paix. C'est pourquoi j'ai choisi le dernier dimanche d'août. La surprise que nous réserva Notre-Dame fut impressionnante, ce 26 août 1990. Plusieurs milliers de pèlerins étaient au rendez-vous. C'est avec des yeux remplis de larmes que beaucoup saluèrent la statue de la Reine de la Paix que nous avions rapportée d'une église avoisinante, où elle avait trouvé refuge. La foi et l'amour de tant de personnes m'ont convaincu! Persuadé qu'il fallait reconstruire Après l'immense succès du pèlerinage de la paix, repris pour la première fois en 1990, je sus que Marie souhaitait revenir à sa place initiale. Toutes les hésitations que j'avais encore disparurent. J'étais fermement décidé à mettre toutes mes forces au service de la reconstruction de cette église. Lorsque je m'adressai à mon ami, l'architecte Dr Joze Kusar, il fut aussitôt disposé à coopérer. Il était prêt à renoncer aux honoraires, car il voulait tout offrir à la Mère de Dieu. Il n'y eut pas d'entraves de la part des administrations civiles et religieuses. Je reçus immédiatement les autorisations nécessaires. Les dons affluèrent. Un nombre croissant de personnes se montraient prêtes à collaborer. Sans exagérer, je puis affirmer que Marie avait elle-même choisi ses collaborateurs. Les travaux commencèrent à la fin de mars 1991. En premier lieu, il fallut élargir la route qui mène au sanctuaire et installer le courant électrique à l'église. Ensuite on construisit le clocher. C'est ainsi que lors de la guerre de dix jours pour l'indépendance de la Slovénie, la croix se trouvait de nouveau sur la flèche comme signe de victoire. Le gros oeuvre fut achevé en octobre, juste avant l'offensive de l'hiver. Consécration solennelle de l'église Après Pâques 1992, les travaux reprirent. Grâce à l'aide de nombreux bénévoles, le sanctuaire reconstruit put être consacré le 30 août 1992. Ce fut un grand triomphe de la Reine de la Paix. Entouré de plus de cinq mille pèlerins, l'archevêque Mgr Aloïs Sustar a accompagné la statue de Notre-Dame dans le sanctuaire reconstruit. Les cloches manquaient encore En 1992, j'eus une autre surprise. Un groupe de pèlerins arriva de Suisse, sous la conduite spirituelle du curé Siegwart. Ils manifestèrent le désir de contribuer financièrement à l'aménagement de l'église. Lorsque je mentionnai que l'église n'était pas encore pourvue de cloches, ils proposèrent aussitôt d'en assumer le coût. Le 29 août 1993, l'archevêque Sustar a béni les cloches au cours d'une cérémonie impressionnante. La grande église de la Trinité Dès le 7 septembre 1991, la Reine de la Paix a demandé de construire sur le Kurescek une nouvelle grande église, qui doit être dédiée à la Très Sainte Trinité. Plus tard, Notre-Dame a promis que la nouvelle église servirait au développement spirituel et au renouvellement de la foi. Quand les conditions pour la construction de l'église seront-elles remplies? Nous osons espérer que notre Mère céleste donnera elle-même un signe, lorsque le temps sera venu. Je suis d'avis que l'acquisition du terrain à bâtir constituera le signe en question. Foyer pour les prêtres et Maison des pèlerins En ce moment, un autre désir de Marie est en voie de réalisation, désir qu'elle a déjà exprimé dans le message du 10 février 1990: à savoir, un foyer pour prêtres et autres pèlerins. En 1992, nous avons pu acheter un vieil hôtel qui avait besoin d'une restauration complète. En automne dernier, nous avons commencé les travaux. J'espère que nous pourrons offrir ce foyer rénové à la Reine de la Paix, à l'occasion de sa fête, le dernier dimanche d'août 1997. Dix-huit chambres seront prêtes à accueillir les pèlerins qui désireraient passer quelques jours dans la proximité du sanctuaire marial. Anton Kosir, curé |